30.4.08

Gouffre générationnel

Image: d'ici

Chez mes parents pour quelques jours après ma fin de session, je suis très content de les voir. Il y a cependant quelque chose d'irréconciliable entre nos deux générations et on dirait que je m'en rends compte à chaque fois que je passe quelques jours avec eux. 

1. Mon père angoisse pour mon futur: je n'ai pas d'auto, pas de maison, pas de REÉR ou de fond de pension et en plus je suis encore aux études à 28 ans... bref, il s'inquiète pour moi alors que moi je ne m'inquiète pas une seconde pour mon futur.

2. Ma famille veut m'offrir de l'argent pour que je m'achète une voiture. Or, quand je dis que je ne veux pas de voiture puisque je m'en vais étudier à l'étranger, on me regarde comme si j'étais un extra-terrestre. On ne parlerait peut-être pas autant de changements climatiques si plus de gens pensaient comme moi, non?

3. Le prix du pétrole qui augmente: ils sont fous me dit mon père! Et si c'était plutôt à nous de moins consommer d'essence, d'utiliser le transport en commun et de trouver des alternatives au pétrole? Je ne pense pas que ces idées n'aient jamais effleurées l'esprit des babyboomers. Mais pourquoi donc s'affranchir du pétrole? Bon, par où commencer...

J'en ai un peu marre de ces angoisses nord-américaines baignant dans la surconsommation. J'aime mieux avoir un loyer à payer que de payer le même montant en électricité chaque mois pour éclairer et chauffer une maison beaucoup trop grande pour 2 ou 3 personnes. C'est encore moi l'extra-terrestre, je sais... parfois je ne peux m'empêcher de penser que je suis né sur le mauvais continent. I am so tired of America comme dirait Rufus.

29.4.08

Mais je suis sérieux, moi!

Je n'ai pas le temps de rêvasser (le businessman, Le Petit Prince). On m'a dit que j'étais sérieux ce soir. Quel choc! Alors que je viens tout juste vieillir il y a à peine quelques jours, je serais maintenant en plus rendu sérieux!! Il faut décidément que je fasse quelque chose de fou dans les jours qui viennent pour ne pas devenir définitivement un vieux - qui se prend au - sérieux! Je vais prendre les grands moyens! Vous avez des idées de folies à faire en ce printemps qui vient d'arriver?! Il y a peu de chances que je me convertisse à une religion exotique, j'aime mieux vous avertir tout de suite! Pour le reste, on verra bien...

21.4.08

vingt-huit le vingt et un

Eh oui, comme vous tous je vieillis une fois par année et cette journée, c'est demain (lundi). Vingt-huit ans, déjà! 10 ans que je suis majeur... ouf! Et qu'est-ce que ma journée de fête me réserve? Ah oui, comment l'oublier: 2 examens et 2 travaux à remettre! Voilà pourquoi je viens écrire un petit mot ici ce soir, question de me changer les idées (et de me détourner de mes livres un peu!) puisque je n'aurai pas le temps demain. Et la photo, ce n'est pas un aperçu de mon balcon (puisque je n'en ai pas!). C'est plutôt ce que ma soirée de demain me réserve: un gin & tonic bien mérité après une journée complète à rédiger des examens! 

Quelle session, j'en suis tout essoufflé. Après une conférence de presse donnée à Montréal la semaine dernière et les nombreux travaux à terminer, j'ai bien hâte de profiter de la première semaine de mai puisque je serai en congé! Sur ce, je vais aller lire mes notes de cours, me crémer le visage avant d'avoir des rides et puis faire attention à ma ligne (ne manger qu'un cube de fromage lorsque je suis sur le point de m'évanouir, cf. The Devil Wears Prada). Bon printemps à tous!

8.4.08

Plus que quelques jours...

... avant la fin de mon séjour à Sherbrooke. Déjà! J'ai pourtant l'impression que je viens à peine de débarquer. J'aurai eu la chance de me faire une impression de la ville ainsi que de la région, à peine le temps d'en laisser une. Même si les sushis y sont bien moins bons qu'ailleurs, il y a tout de même quelques petits coups de coeur dans cette cité étudiante: de l'excellent chocolat fait maison chez Choco-Là (rue Frontenac), la brûlerie de café avec son café bio-équitable servi dans une ambiance détendue tout à fait idéale pour des après-midis d'études ou pour discuter avec des amis, sans oublier quelques soirées étudiantes mémorables au bar téléphone rouge ou encore l'impro au bar kudsak. Je ne vous dirai pas qu'à l'halloween j'étais déguisé avec un costume de femme de ménage sexy, noooon ;)

Bref, d'excellents souvenirs de ces derniers mois. Une université qui m'a offert des cours de qualité et m'a poussé à me dépasser (ce n'est pas encore fini!). Une réussite totale pour notre colloque étudiant à Orford vendredi dernier (plus de 200 participants!) et un nouveau départ avec Steve depuis mon arrivée en Estrie.

Beaucoup de changements dans les derniers mois, et encore plus à venir! L'été à Montréal, de retour sur la même rue où j'habitais pendant mes études il y a quelques années (quel hasard!) et par la suite une année remplie de défis en France qui m'attendra.

31.3.08

Entre ignorance et érudition

Jusqu'à quel point avons-nous le droit de blâmer l'ignorance? À partir de quel moment sommes-nous réellement ignorant? Ou alors est-ce normal de ne pas être érudit sur tous les sujets? Y a-t-il des connaissances que tout le monde devrait savoir? Il y a des situations où l'ignorance n'a pas le droit d'être évoquée? Toutes ces questions me sont venues à l'esprit tout d'un coup il y a quelques semaines, alors qu'on me demandait une question qui m'a laissé bouche bée: qu'est-ce qu'une ONG?

Je n'étais pas bouche bée parce que je ne savais pas la réponse, mais plutôt parce qu'à mon esprit il était impensable qu'on ne sache pas, en 2008, ce qu'est une ONG! J'ai répondu brièvement sans faire de commentaires, et je me suis alors dit: qui suis-je pour affirmer que tout le monde devrait savoir ce que veut dire cet acronyme? Suis-je snob de penser que tout le monde devrait savoir ça? Il y a certainement des centaines d'acronymes que que je ne connais pas moi-même concernant plusieurs autres sujets...

Bref, je n'ai toujours pas de réponse et je m'interroge à savoir où l'on doit mettre la limite entre ignorance et érudition.

25.3.08

Hanami

Hanami, c'est l'art de regarder les fleurs de sakura (cerisiers) au Japon. En cette soirée de printemps à -16 degrés sous zéro, je souhaiterais plus que jamais être transporté au pays du soleil levant, et jouer le rôle d'un personnage sorti de l'imaginaire d'Amélie Nothomb. Ou tout simplement apprécier et vivre un vrai printemps, profiter de l'éclosion des fleurs de cerisiers tout en sentant l'odeur agréable qui se dégage certainement un peu partout. En buvant du saké, bien entendu! C'est souvent avec nostalgie que je me remémore les printemps de l'hémisphère sud que j'ai vécus en Nouvelle-Zélande. Le retour des fleurs après un hiver qui n'en était pas vraiment un (minimum 10 degrés), mais un retour de la flore tout de même et des odeurs agréables parfumant l'ambiance avant tout. J'ai beaucoup de difficulté à me ré-habituer aux températures froides durant des mois et des mois... à quand un vrai printemps, au retour de la verdure, des couleurs et des odeurs?

crédit photo: ici

19.3.08

Prochain épisode

S: Qu'est-ce que tu lis?
J: Oh, un livre d'Hubert Aquin, Prochain épisode.
S: Ah, Hubert Aquin comme le nom du pavillon de l'UQAM?
J: Oui, c'est ça.
S: Je ne savais pas qu'il était écrivain.
J: Je dois avouer que moi non plus je ne le savais pas jusqu'à tout récemment, alors que je l'ai appris en  regardant l'émission bazzo.tv...

Je suis souvent médusé de voir à quel point l'histoire, la politique et la culture d'un peuple peuvent se raconter dans une myriade de noms donnés aux rues, aux avenues, à divers édifices, aux lacs, à certaines places publiques,... Tous ces endroits recèlent d'une incroyable richesse qui joue le rôle de mémoire collective pour la société. Je me demande bien ce qu'on réussirait à se souvenir sans ces désignations qui font partie de notre quotidien, et ce bien souvent sans qu'on se rende compte de leurs significations. Est-ce par manque de culture, par ignorance ou tout simplement parce que je suis trop jeune, que j'ai fait le lien entre Hubert Aquin, nom d'un pavillon d'université, et Hubert Aquin, écrivain, il n'y a de cela que quelques jours à peine? Il faut dire que l'auteur s'est suicidé avant que je naisse...

J'ai beaucoup apprécié son court et premier roman datant de 1965. Un style d'écriture vraiment différent de celui que présente habituellement la littérature québécoise. Plusieurs descriptions très poétiques et lyriques nous emportent dans le tourbillon de pensée du narrateur, un révolutionnaire québécois se retrouvant en Suisse qui a la mission de tuer un agent de police canadien. 

Avec une écriture très cultivée, Hubert Aquin nous fait passer de ses idéaux en sol québécois à la psychologie de sa poursuite en sol européen. Pas sans rappeler les pensées coupables du personnage de Raskolnikov issu de la plume de Dostoïevski. J'ai particulièrement été ému par un passage décrivant les paysages de l'Outaouais, ma région natale, présentée comme un lieu utopique où s'établir. Surprenant et envoûtant. Ça donne le goût de lire le reste de l'oeuvre, c'est le moins que je puisse dire.

15.3.08

un Jour J de plus

Bon, un autre choix à faire. L'été à Gatineau ou à Montréal? Chez mes parents, entouré de mes amis depuis l'adolescence, ou alors dans une chambre quelque part à Montréal? Lundi matin, tous les étudiants de mon programme reçoivent leurs résultats d'entrevue... En même temps. Beau chaos en perspective!

J'en ai passé quatre (une pour Montréal, trois pour Gatineau-Ottawa). Coté 1: super, on a le premier choix! Coté 2: on a le deuxième choix. Coté 3: vous avez compris le principe... Coté 0: l'employeur préfère faire tout le travail seul au lieu d'être pris à travailler avec l'étudiant!

Encore faut-il que je sois coté assez élevé dans mon stage à Montréal pour avoir le choix (on était 6 à passer l'entrevue). J'ai l'impression que j'ai été bien coté, ce qui va compliquer la tâche du choix. Me connaissant, je vais choisir le choix le plus compliqué (i.e. Montréal). J'ai rarement tendance à prendre la voie facile dans mes choix de vie de toute façon, je ne vois pas pourquoi ça changerait aujourd'hui... ça en vient épuisant parfois mais c'est la meilleure façon d'apprendre! À suivre...

10.3.08

Mon pays, ce n'est pas un pays...















Crédit photo: ici.

... c'est l'hiver!
Mon jardin ce n'est pas un jardin, c'est la plaine
Mon chemin ce n'est pas un chemin, c'est la neige
Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver

Ce refrain de Gilles Vigneault n'a jamais été aussi vrai que cet hiver! Je reviens tout juste d'un week-end à Québec où il a venté à écorner les boeufs (environ 100km/h dans la nuit de samedi à dimanche, on a perdu l'électricité deux fois dans la nuit... mais au moins on a eu le temps de regarder American gangster jusqu'à la fin). 

Ça fait bien trois années que je n'avais pas vécu un 'vrai hiver', mais là je n'en peux tout simplement plus du tout! Et dire que j'avais hâte qu'il neige... depuis la mi-novembre que je marche tous les jours dans les rues enneigées et glissantes pour me rendre à l'université. La première neige a décidé de rester cette année. Et depuis on est complètement ensevelis! Et c'est pire que pire à Québec!

Vivement le printemps et le retour du soleil. Au moins on a avancé l'heure hier soir (une heure de moins dans la week-end, mais plus de clarté le soir...).

1.3.08

Bourgault

Quelqu'un m'a demandé un jour: 'Si vous n'étiez pas Pierre Bourgault, qu' est-ce que vous auriez voulu être?' J'ai répondu: 'Un gars ordinaire avec une femme et un bungalow de banlieue.' Tout ce que je ne suis pas.
Plutôt rare que je lis des biographies. La dernière dont je me souviens avoir dévoré est celle sur Jacques Brel, il y a quelques années déjà. Aussi bien choisir de lire la vie de gens qui en ont eu une qui vaut la peine de se rappeler!

Le problème avec les biographies, c'est souvent le ton adopté. On sait habituellement par le style qu'on lit une biographie. Difficile donc pour l'auteur d'être original dans ses descriptions sans sortir du 'modèle'. Ce qui est cependant intéressant, c'est l'accès à la quantité d'informations et au travail colossal que représente un tel ouvrage.

Pierre Bourgault, que j'ai découvert sur le 'très' tard lors de ses chroniques à l'émission Indicatif Présent de Marie-France Bazzo, a probablement été l'un des plus grands orateurs dans toute l'histoire du Québec. Tout un personnage. Polémiste, chroniqueur, journaliste, politicien, la vie de Pierre Bourgault est présentée par Jean-François Nadeau sur fond de l'histoire politique du Québec des années '60 à 2000, et donc par conséquent de la naissance et de l'épanouissement du mouvement indépendantiste.

Vraiment, une lecture qui en vaut le coup. Ne serait-ce que pour comprendre l'histoire contemporaine du Québec vue de la loupe souverainiste. Jean-François Nadeau a réussi à saisir et exprimer toute l'ambiguïté du personnage qui a eu une vie par moments très difficile mais qui était un provocateur combattant. L'image qui m'a le plus marqué: Pierre dans une chaloupe en train de parcourir le compté de Duplessis (Côte Nord) dans les années '60 pour se faire élire comme député du RIN (Rassemblement pour l'indépendance nationale).