12.3.11

Tout s'accélère, mais...


Le mouvement de la croûte terrestre, les vagues, les explosions, le rythme, le temps... on a tiré sur le tapis, les pieds dérobés du sol, tout bouge.

C'est le sentiment du dernier mois, confirmé par la terre qui a tremblé hier à plusieurs milliers de kilomètres d'ici. Déjà plusieurs semaines se sont écoulées et je n'ai même pas eu quelques instants de calme pour venir pianoter sur le clavier, afin de transférer mes états d'âme du bout de mes doigts sur ce site, image virtuelle du réel.

Les semaines sont épuisantes, mais au moins le retour du beau temps se fait sentir et les journées rallongent. Eh non, ce n'est pas moi qui ai passé tout droit le matin, mais bien le soleil qui se fait - enfin! - moins paresseux.

Tout s'accélère... bientôt temps de souffler mes 31 bougies, d'accueillir plusieurs amis le temps d'un festival. Et puis le boulot m'enverra en Suède puis en Angleterre, et surtout les vacances sont enfin réservées: 3 semaines cet été au Québec, chez moi, avec mon homme et en compagnie des miens, de toute ma famille! 2 ans plus tard, une éternité...

Alors avant que tout s'accélère définitivement autour de nous, il est temps de prendre une pause, de profiter des nouveaux aménagements réalisés à la maison et du temps radieux d'aujourd'hui.

Ce qui est bien en France, en quelque part, c'est que même lorsque tout s'accélère, on peut lever la tête, regarder autour de nous, et constater que les richesses historiques et architecturales du passé sont toujours là, majestueuses et envoûtantes, pour nous rappeler que le temps et sa population sont plus malins qu'ils en ont l'air, sachant faire autrement que se précipiter: savoir préserver l'héritage du passé, et prendre le temps de s'arrêter.

13.2.11

Quatre filles et un enterrement

Ou 'La cave, saison 1'. C'est le super spectacle que j'ai eu l'occasion d'aller voir au Point Virgule dimanche dernier. Parce que la mythique - et minuscule! - salle de spectacle de 70 places ne fait plus que du stand-up comique, mais s'est mise aux pièces de théâtre avec 'Quatre filles' depuis plusieurs mois déjà.

Quatre filles, donc, aux tempéraments les plus éclectiques se trouvent coincées dans un sous-sol et devront survivre comme elles le peuvent dans cet étroit espace. En effet, avec Typhaine la schizophrène, Magalie l'introvertie dépressive, Prune la sociopathe colérique et Cerise l'innocente de toujours, la soirée est loin d'être ennuyante! Le fait qu'elles se trouvent dans une promiscuité forcée, inattendue et cocasse vient exacerber les traits de caractère de chacune d'entre elle, au grand plaisir du public.

J'ai vraiment passé une bonne soirée! Les quatre filles ont manifestement beaucoup de talent et font des miracles sur ces quelques mètres carrés de scène. Au final, on retrouve un texte bien 'punchy' et rempli d'allusions actuelles et comiques, plusieurs surprises et aussi surprenant que cela puisse paraître, de l'action (!). Le seul regret qu'on a, c'est de devoir quitter ces personnages attachants et de ne pas avoir plus de temps pour voir se développer les subtilités des personnalités de chacune d'entre elles. A quand la saison 2?

Bref, Une excellente solution pour survivre de façon agréable et légère au 'blues' du dimanche soir - surtout si vous poursuivez la soirée en très bonne compagnie au bar juste à côté! Allez-y, vous ne le regretterez pas! Tous les dimanches soirs, 17h30, au Point Virgule.

2.2.11

Escapade en ville, point virgule

Quelque part, dans Paris...

Le temps d'un week-end, nous quitterons notre nid douillet de ville de taille moyenne du Nord de la France pour profiter des atouts de Paris. En effet, ayant un déplacement lundi en journée afin d'effectuer une présentation chez un client du boulot, l'occasion était plus que bonne pour partir le vendredi soir et passer le week-end à Paris chez des amis!

C'est d'ailleurs durant ce séjour que je vais enfin découvrir un endroit mythique de la capitale, le Point Virgule. Je suis souvent passé devant cet endroit à la devanture d'allure éclectique et décontractée, en me disant que ça doit être sympa d'aller y passer une soirée à rigoler. Curieusement, je n'avais jamais eu l'occasion d'y aller, alors on va y remédier! Je vous raconte la semaine prochaine, dès je trouve - ou plutôt prends - un peu de temps pour venir ici.

Bon, sinon 2011 s'annonce mouvementée... soucis de voiture, batterie morte, changement de pare-brise sans parler des autres problèmes techniques qui nous on fait sortir la carte bleue à plus d'une reprise. Bref, cette bonne vieille - et bruyante! - Volvo break de 1991 ne dépassera pas ses 20 ans entre nos mains! Nous nous dirigeons plutôt vers une Citroën C3... à suivre!

Ce qui est marrant pour moi, c'est de voir qu'une voiture puisse survivre aussi longtemps; 20 ans! Au Québec, avec la rigueur du climat et les tonnes de sel qui viennent ronger la carrosserie, il est plutôt rare qu'une voiture dépasse les 10 ans.

Vivement le week-end!

15.1.11

Une machine à... lait!

L'idée est tout à fait géniale! En allant faire les courses aujourd'hui à Saint Amand les Eaux, c'est avec surprise que nous avons vu, à l'extérieur dans le parking et devant l'entrée du centre commercial, une petite cabane à distribution de lait! Au même moment, l'éleveur était présent et venait tout juste de remplir les cuves de la-dite cabane avec du lait frais, qu'il avait trait le matin même!

L'éleveur prend alors 5 minutes pour nous expliquer le concept: dans une machine à gauche, un distributeur de bouteilles plastiques (ou en verre). Une fois le contenant acheté (20 centimes d'euros pour une bouteille plastique, 2 euros pour la bouteille en verre), il faut insérer 1 euro dans la machine (voir mon homme plus bas, ravi par l'expérience!).

Alors, la porte s'ouvre et il n'y a plus qu'à appuyer pour que la bouteille se remplisse automatiquement de bon lait cru, récolté le matin même et refroidi (voir plus bas, ça marche, oui oui!). Il est évidemment possible d'emmener nos propres contenants pour la prochaine fois, et même de choisir le niveau de lait à remplir par bouteille (250mL, 500mL, etc.).

Plusieurs bons côtés à cette pratique, bien entendu! Outre le fait qu'il s'agit d'un produit frais, livré chaque jour par le producteur directement, je vois plusieurs autres avantages. Tout d'abord il s'agit d'un produit local (qui dit local dit peu de transport). Le prix est certes plus cher au litre que le 6-pack de lait acheté en grande surface, mais le producteur retrouve certainement une plus grande marge de profit; étant donné les difficultés de ces producteurs en France ces temps-ci, c'est une bonne chose). Point de vue emballages, ré-utiliser les bouteilles déjà utilisées puis lavées permet aussi de limiter la quantité de déchets à recycler.

A boire dans les 3 jours... c'est du lait cru, après tout! Expérience à répéter, ça c'est certain! Comme dans le bon vieux temps à la ferme... à se demander si le progrès, c'est parfois de revenir aux méthodes ancestrales.

9.1.11

Souriez, vous êtes les champions!

Depuis la fin de l'année, les médias s'amusent à nous rappeler, petit sourire en coin, que les français sont les champions du monde du... pessimisme! Il devait y avoir un creux dans l'actualité, la neige ayant arrêté de tomber, la vague de froid maintenant passée, les avions ayant recommencé à s'envoler, de quoi parler maintenant que les dindes de Noël ont été servies et le foie gras dégusté? Du train de la mort ayant pris 24 heures pour se rendre de Strasbourg à Nice? Ah oui, ils en ont aussi beaucoup parlé de ça...

Revenons au pessimisme français. Il s'agit d'un de ces cas où les médias s'emparent des résultats d'un quelconque 'sondage mondial' et tentent d'en expliquer les résultats (avec de la psycho à 2 balles, pas besoin de le dire). De plus, les médias osent mettre l'emphase sur le fait que les afghans et irakiens sont plus optimistes que les français. Ça se passe de commentaire.

Je me suis quand même posé la question: est-ce que je fais partie de la majorité des français qui sont si pessimistes que ça? Bon, tout d'abord, je ne suis pas - encore - français mais bon ça c'est un détail. Deuxièmement, je dirais que je trouve toujours un 'fond de bonne volonté' chez les gens, même quand il y en a très peu dans la réalité. D'un autre côté, j'ai parfois tendance à devenir cynique devant certaines situations. Je vieillis, que voulez-vous? Alors, optimiste ou pessimiste? Je pense qu'avant tout c'est un état d'esprit. Deux personnes face à la même situation, une optimiste, l'autre pessimiste, auront des réactions totalement différentes. Je pense qu'avant tout, il ne faut pas oublier de faire preuve d'auto-dérision, tout en ne prenant pas trop la vie au sérieux! Et sourire!

Et quel est le rapport avec l'image du citron 'savon détachant' plus haut? Eh bien j'ai découvert aujourd'hui le détachant, mais à la française. Au Québec, le détachant c'est plutôt un savon liquide qu'on applique sur les vêtements tachés, et qu'on frotte avec les mains pour faire mousser, avant de le mettre dans la machine à lessive. En France, le détachant c'est un produit irritant qu'il ne faut pas toucher! Avec ma conception du détachant version bisounours québécois, j'ai donc mis les mains sur le détachant que j'appliquais allègrement sur les tissus tachés... jusqu'à ce que je ressente des picotements sur les mains. Et là, je me regarde les mains: quelle horreur! Ma peau blanche était en train de se peler, complètement irritée (bon ok oui, je suis un peu drama). C'est alors que je vais voir sur la bouteille: il y a bien un immense X noir sur fond orange, avec IRRITANT écrit en dessous. C'est noté... pour la prochaine fois!

Une excellente année 2011 à tous! Et n'oubliez surtout pas de sourire! ;)

30.12.10

2010 et puis s'en va!

Station King's Cross, Londres

Retenez votre souffle, préparez-vous à franchir le mur et à dire au revoir à l'année 2010. Ou plutôt à la décennie, comme me l'a fait remarquer mon homme hier (je n'avais même pas réalisé). Déjà dix ans que nous avons passé le cap de l'an 2000, et la fin du monde n'est toujours pas arrivée! Peut-être en 2012 (prochain jalon au calendrier, pour les superstitieux du moins...).

2010, année mouvementée, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle a débuté dans la neige, a été marquée par le séisme qui a ébranlé Haïti et s'est poursuivie sur fond de plans d'austérité pour des pays européens trop endettés.

Pour ma part, c'est en 2010 que j'ai finalement trouvé du boulot en France après plusieurs mois de recherches intensives. Les galères administratives ont pourtant réussi à me rattraper, mais au moins nous voilà maintenant bien installés dans notre logement, mon homme et moi.

En repassant rapidement les photos des 12 derniers mois, je réalise que malgré les hauts, les bas et les frustrations passagères, l'année a été bien remplie en émotions et reste pour moi ponctuée de moments heureux. Nouveau boulot (et défis!), nouvelle région, nouveau logement, visite de ma famille en France, mon 30ième anniversaire, voyage en Angleterre, déplacements en Suède et Allemagne, et j'en passe!

2011 réserve certainement son lot de surprises, et c'est avec enthousiasme que je compte terminer la dernière journée de l'année pour bien entreprendre la prochaine. En espérant avoir l'occasion de passer plus de temps avec ma famille dans la prochaine année... d'ici là, portez-vous bien, et n'oubliez pas de profiter de chaque instant!

27.11.10

Panier garni vs party arrosé?

Exemple de panier garni

Bientôt Noël, eh oui! Outre le fait qu'il fasse de plus en plus froid dehors - et à l'intérieur de l'appartement, étant donné l'isolation plus que moyenne du logement - certains signes ne trompent pas. Bon, les décorations et lumières à l'extérieur, les nombreuses publicités bien ciblées (parfums pour mesdames, jeux vidéos pour les ados) et distribution au boulot d'un... panier garni et chèque-cadeaux!

C'est dans ce genre d'événement que je me rends bien compte que le Québec et la France, côté traditions, ça n'a rien à voir! Au Québec, le début décembre en entreprise est synonyme de 'Partys de bureaux', alors que le chef d'entreprise et tous les employés trinquent lors d'une soirée bien arrosée qui termine bien l'année avec les nombreux potins: tu l'as vu, il a trop bu! Et lui, qu'est-ce qu'il faisait dans les toilettes avec sa secrétaire? Que dire de celle-ci, elle a fait une folle d'elle en dansant sur la table! Bref, que du plaisir pour terminer l'année hehehe

En France, c'est avec le panier garni et un chèque cadeaux de plusieurs dizaines d'euros, en plus de cadeaux pour les enfants, que l'événement est souligné. Dans mon panier garni: 2 bouteilles de vin français (of course, 1 rouge, 1 blanc), rillettes de saumon et d'oie, foie gras de canard, foie gras et figues, confit d'oignons, etc. Après une première dégustation, le foie gras et figues est excellent, le vin blanc très bon et les autres produits... disons moyen, les desserts encore moins que moyen. Peu importe, c'est très apprécié de recevoir ces produits du pays et de les déguster! Simplement un plaisir différent de la fin d'année au Québec. Pouvoir potiner pendant des semaines sur des collègues bourrés et ayant perdu le contrôle, le temps du party de Noël d'entreprise bien arrosé: Priceless!

3.11.10

Le temps file...

Même pas le temps de fêter Halloween que novembre nous tombe dessus, et l'horloge s'empresse de reculer d'une heure pour freiner la fuite inéluctable du temps, à la recherche du temps perdu ou retrouvé, c'est comme vous le souhaitez. Bref, tout ça pour dire que je n'ai pas vu les dernières semaines passer.

Que s'est-il passé depuis la dernière fois où j'ai écrit ici? A la fois plein de choses et... rien. Le projet de loi sur les retraites a été adopté (raison de plus pour retourner vivre au Québec avant d'arriver à la retraite), ma période d'essai est maintenant terminée (ça y est, j'ai mon cédéi, ou C-D-I, ou Contrat à Durée Indéterminée pour les québécois qui ne sont pas familiers avec le jargon français). Suis-je condamné à travailler au même endroit pour les 30 prochaines années (sans oublier le +2)? Nous verrons bien...

Sujet moins rigolo, ma grande tante (marraine de ma marraine) est décédée il y a quelques jours, à l'âge de 78 ans, pendant que j'étais au téléphone avec mes parents. Du coup, toute ma famille essayait d'appeler mes parents, question d'aller avertir ma grand-mère avec eux, et pendant ce temps nous on blablatait de tout et de rien pendant plus d'une heure. Je n'étais pas proche de cette tante, mais je l'ai toujours admirée de loin. Cultivée, dévorant des bouquins, parlant parfaitement français et anglais, cette personne énigmatique m'a toujours intrigué. Ayant failli mourir d'un accident d'avion, elle n'a plus jamais voulu voyager en avion, ce qui fait qu'un voyage du Canada jusqu'en Angleterre n'avait d'autre choix que d'être réalisé... en croisière, sur le Queen Elizabeth... reine à laquelle on lui a souvent dit qu'elle ressemblait, d'ailleurs. Elle a malheureusement terminé sa vie dans la solitude, malade, et... riche.

Depuis que je la savais malade, je ne cessais de me poser des questions existentielles, auxquelles je n'ai pas plus de réponses aujourd'hui. Pourquoi passer des heures à lire, à se cultiver, à apprendre, à s'enrichir, se donner la peine de passer au travers d'étapes, relations et situations difficiles, pour au final terminer sa vie malade, sur un lit d'hôpital... seul. Surtout quand j'ai su que cette tante avait perdu conscience, dans les derniers jours. À quoi bon, tout ce chemin parcouru pour en arriver là? C'est aujourd'hui que j'aurais voulu lui poser ces questions, comme si sa sagesse aurait pu m'éclairer un peu. Je suis simplement un peu trop loin, et il est malheureusement un peu trop tard, but life goes on... et le temps, lui, ne trouve rien de mieux à faire que de continuer à filer.

9.10.10

Une journée réussie?

Dans Philosophie magazine du mois d'octobre, la question est posée: Qu'est ce qu'une journée réussie? Une chronique traitant de ce numéro du magazine sur France 5 m'a donné envie de lire sur le sujet, je me suis donc procuré ce magazine pour la première fois.

Le dossier est très intéressant et varié, demandant à messieurs et mesdames au hasard qu'est-ce qu'une journée réussie pour eux, en plus de retourner dans le passé pour voir ce que certains sages en pensaient et de donner un avis actuel en interrogeant des philosophes de notre ère.

Une pensée m'a fortement marqué et fait réfléchir, et elle est de Sénèque (dans De la brièveté de la vie, il y a 2000 ans, quand même!). Il propose d'organiser toutes ses journées à l'instar d'une vie, et pour atteindre le bonheur, de consacrer son temps à la sagesse et non le perdre en activités stériles et inutiles. Plus précisément:

<< Si l'on considère la matinée comme une enfance pleine de joie, de découvertes ou d'apprentissages, l'après-midi comme une plage d'activités sérieuses et productives, le soir comme une méditation sur notre mortalité et une préparation au sommeil, la vie toute entière ne nous effraie plus >>

Un article sur Ne rien faire et ne pas culpabiliser m'a aussi interpellé... bref, ces lectures m'ont réellement fait du bien. Dans un monde où il faut être productif, qu'une journée réussie est forcément remplie d'activités toutes plus épanouissantes les unes ques les autres, et ce de 7h du matin à 22h du soir, il est rassurant de lire que faire la sieste est sain et permet de se renouveler, de repartir comme si une nouvelle journée commençait.

Ces lectures mènent à la réflexion, et c'est justement ce qui m'a plu. Prendre un peu de recul, analyser ma façon d'agir et mon attitude en général, et voir de quelle façon les éléments de réflexion présentés peuvent s'appliquer à ma vie. C'est ainsi que la philosophie retrouve tout son sens à mon avis: au-delà de la réputation de 'pelleter des nuages' (ce qui arrive parfois dans les hautes sphères, avouons-le!), la philosophie permet parfois de prendre un temps d'arrêt pour se poser et méditer en cherchant à mieux se comprendre. Même si je n'ai pas nécessairement les réponses toutes faites aux questions soulevées, au final le processus me permet de réajuster mon comportement sans oublier le plus important: prendre le temps de faire une sieste bien méritée, en toute quiétude...

3.10.10

Les amours imaginaires

Arrivée sur les écrans français la semaine dernière du deuxième opus de Xavier Dolan, Les amours imaginaires. Voici donc ma critique - très subjective! - d'un film ayant déjà fait couler beaucoup d'encre depuis sa présentation à Cannes en mai dernier.

Francis et Marie, des amis ayant la jeune vingtaine, tombent tous deux amoureux de Nicolas. Pendant que ce Nicolas profite de l'ambiguïté qu'il attise volontairement en se trouvant au milieu de ces 2 amis, ces derniers s'entre-déchirent au propre comme au figuré pour conquérir l'inaccessible éphèbe.

Pour moi, ce film représente du cinéma comme on a plus l'habitude d'en voir. Malgré le côté contemplatif et un rythme assez lent qui ne plaira certainement pas à tout le monde, il s'agit d'une très grande réussite. La naïveté de Xavier Dolan transparaît dans plusieurs facettes du film, autant dans les relations des deux protaganistes avec Nicolas que dans les autres relations humaines, sensuelles et sexuelles avec divers amants.

Les plans de caméras font en sorte que tout ce qui est autour des personnages principaux reste flou. On se doute que les scènes sont tournées à Montréal (à l'intérieur comme à l'extérieur) puis dans les Laurentides, mais les personnages sont tellement centrés sur leur propre quête qu'ils en oublient tout autour. Le tour de force vient justement du fait qu'on a aucun point de repère extérieur tout au long du film, à part les plans des visages, et cette façon de filmer renforce le propos abordé. Le film aurait pu être tourné à n'importe quel endroit, peu importe, tellement les deux amis sont concentrés dans leur quête du Nicolas.

Une bande sonore puissante, jumelée aux plans en 'ralenti', nous entraîne dans leur univers à la fois enfiévrant et angoissant. On est aspiré par l'univers et l'esthétisme bien particulier de Marie avec son look rétro et Francis, détaché, et chacun à leur façon ils se laissent submerger par leurs envies, leurs obsessions. Un mot aussi sur les scènes en version documentaire (scènes sous-titrées, c'est du vrai québécois!!) qui m'ont fait éclater de rire à bien des moments. Mentions spéciales à la fille désabusée avec les lunettes puis à l'autre fille qui vient d'être larguée par son 'amoureux' berlinois.

Vraiment, un excellent moment de cinéma, avec plusieurs références artistiques intéressantes et une fraîcheur à la fois juvénile et mature, avec un regard et une compréhension des relations humaines à la fois surprenants et précis. Chapeau Xavier!